En décélérance §8 : J66 à J100, passage au nord

Inconsolable de quitter le sud, je m’apprête à vivre 1001 km d’ennui pour rejoindre la Bretagne. Heureusement que je ne sais pas encore ce qui m’attend quand j’arrive enfin à partir d’Ardèche… Attention spoiler : je vais me plaindre, pester et critiquer allègrement !

J64 à J79, encore des vacances !

Après avoir passé une semaine de vacances avec les copains en Ardèche, j’ai un petit moment de flottement. Je n’ai rien prévu pour les deux prochaines semaines. Ou plutôt, j’ai décidé de ne pas descendre en Provence comme je l’avais projeté : je crains la foule des vacanciers envahissant « mes » petites routes. C’est avec regret que je prend cette décision, car je devais voir deux copines de longtemps, Zo dans le Lubéron, et Virginie à Marseille. J’ai donc deux semaines béantes devant moi. C’est à ce moment que j’atterris par hasard dans le camping alternatif Le Chabrioux, dans le petit village de Saint-Michel de Chabrillanoux, perché sur une montagne surplombant la vallée de l’Eyrieux. Il ne pouvait rien m’arriver de mieux au meilleur des moments. Je passe quinze jours idéaux, dans cet endroit atypique qui accueille et mélange campeurs et locaux. C’est une parenthèse sédentaire enchantée à l’intérieur de la parenthèse itinérante. Je passe du temps avec de très chouettes personnes (saluts et mercis tout particuliers à Chloé, Tom, Dominique, Sonia, Michel, Arnaud et Aurel), je fais quelques courtes balades à vélo,

mais surtout, je profite de la belle ambiance qu’il y a ici : éclectisme, liberté, liens…

je ne me repais jamais assez de la vue sur la Vercors

 

que je scrute de ce banc

Le départ est difficile, plusieurs fois remis au lendemain… Enfin, début août, je démonte la tente et boucle les sacoches. Arnaud et Aurel m’offrent ce klaxon ultra canon et ultra tonitruant qui m’accompagne désormais.

J80 à J84, cap au Nord

Et je reprends la route. Heureusement, la descente vers la vallée de l’Eyrieux est magnifique. Je retrouve vite le plaisir de la route après trois semaines de sédentarité.

Je récupère la Dolce Via, une voie verte que j’ai empruntée pour arriver là. Je descends le long de la rivière pour attraper la vallée du Rhône. Cette véloroute est particulièrement jolie. Elle suit une ancienne voie ferrée de montagne, surplombe parfois la rivière,

et traverse de minuscules tunnels. Par contre, le revêtement est un peu instable avec le vélo chargé. Sur ce type de terrain, on regarde plus la route que le paysage autour, c’est un peu frustrant. Plus on descend, plus la vallée est large, et donc moins intéressante.

Et soudain, c’est le choc culturel. Je suis à la Voulte sur Rhône.

Me voilà en plaine, dans une des vallées les plus fréquentées de France. Après trois semaines dans les montagnes ardéchoises, retour aux zones commerciales, aux lotissements, aux voies ferrées TGV, aux autoroutes, à la surpopulation, aux usines…

Je dois remonter rapidement en Bourgogne, donc, je prends une autre véloroute, la Via Rhona. Je me perds car elle est mal signalisée. Une voie verte mal indiquée, c’est impossible de s’y retrouver car elle ne figure généralement pas sur les cartes. Je peste, je m’énerve. Je finis par m’arrêter dans un camping municipal. Il y a une drôle d’ambiance. Le gérant a installé « son bureau » sur une table de la buvette et il fait les inscriptions en picolant du pastis avec des habitués très alcoolisés alors qu’il n’est que 18h…

Je m’installe, puis je reviens boire une bière. Je me fais alpaguer par un gars très saoul qui tente de copiner. Il passe son temps à opposer la Bretagne et le Nord, au Sud et à l’Ardèche : « chez vous, c’est pas comme ci, chez nous, c’est comme ça, chez vous dans le Nord, chez nous dans le Sud, chez vous en Bretagne, chez nous en Ardèche… » Cette xénophobie régionale de comptoir m’exaspère. « Chez nous, c’est bien, chez vous, c’est nul ! » Quand on met en opposition des régions, comment ne pas mettre ensuite en opposition des pays et des peuples ? C’est pour cette raison que j’ai décidé, lors de mon départ, de ne pas mettre de drapeau breton sur mon vélo, pour ne pas cautionner ce sentiment d’appartenance qui peut si facilement dégénérer.

Je finis par réussir à me dépatouiller du bonhomme et je vais causer avec un jeune cyclovoyageur installé non loin de là. Sur son vélo de facteur à trois vitesses, Yoann vient tout juste de partir pour un mois de voyage. Il projette de suivre quelques véloroutes. Je fais évidemment un peu de prosélytisme pour les chemins buissonniers et les sentiers non-battus. Avec sa grande capacité d’émerveillement, il a tout pour faire de beaux voyages pleins de découvertes et de surprises (Yoann, n’oublie pas de donner des nouvelles, pour raconter tes routes !).

Dur de dormir dans ce camping où le gérant sort la guitare pour faire chanter (hurler) ses copains jusqu’à minuit passé. J’ai appris un peu plus tôt qu’il est fan de Johnny. Il m’a raconté avec une grande fierté qu’il a fait venir le sosie de Johnny (« enfin, un des sosies ») un soir sur la scène du camping et qu’il a réunit un public de 200 personnes. Il organise aussi des soirées karaoké.

Je veux retourner au camping du Chabrioux, et à ses soirées graph, lectures, concerts de swing et de salsa, chorale, atelier d’écriture, etc !

Le lendemain, je passe du temps à régler plusieurs choses, à acheter des trucs. Bref, retour à la civilisation. Je continue à remonter la Via Rhona, c’est chiant. Je rebaptise définitivement les grandes voies vertes des « vélotoroutes ». La voie verte, c’est vraiment l’autoroute des cyclovoyageurs : y’a beaucoup de monde, on la prend pour aller au plus vite, on enfile les kilomètres facilement car c’est plat, le paysage est monotone et présente peu d’intérêt, les commerces à proximité de l’itinéraire sont hors de prix. Une vélotoroute, quoi !

Je m’amuse à imaginer comme devait être majestueuse la vallée du Rhône avant l’urbanisation, avant les longs rubans de routes et les lotissements dupliqués à l’infini : des coteaux de vignobles venant mourir aux pieds du large fleuve sauvage.

Je redécouvre la laideur, le bruit, les mauvaises odeurs. La chaleur est suffocante.

Je quitte définitivement l’Ardèche

Je décide que cet acharnement à rouler dans un endroit qui ne me plaît pas n’a aucun sens. En plus, j’espérais voir Gilles à Lyon, mais il n’est pas là. Je prends donc un train pour Villefranche sur Saône.

Passer Lyon, c’est symboliquement quitter le sud pour le nord. Après plus de deux mois à rouler dans le sud, je passe au nord. C’est un déchirement. Au-dessus de Lyon, je roule dans une végétation du nord, les cours d’eau ne sont plus baignables. Le sud est derrière moi. Je suis inconsolable.

De Villefranche sur Saône, je grimpe vers un petit village pour trouver un camping qui me semble calme et isolé. En arrivant sur le coteau, je vois sur le bord de route un stand de légumes et de fruits frais, tenu par un vieux monsieur. Ça me rappelle l’Ardèche, je suis ravie de pouvoir manger local. J’achète plein de choses. Le monsieur me propose même de planter ma tente dans son champs, offre que je dois décliner car j’ai besoin d’internet le soir. Au moment où je grimpe sur mon vélo et me retourne pour le saluer, je le vois endosser son pulvérisateur. Il m’explique qu’il s’en va tuer les doryphores qui se sont installés dans les aubergines. Je découvre donc que les légumes que je viens d’acheter sont bourrés de pesticides. Ils se révéleront effectivement dégueu. Je veux retourner manger les légumes bio du Chabrioux !!

Je fais quelques kilomètres et rejoint le « petit village paisible »…

Mais c’est quoi cette énorme église ?! Ce village fût un jour petit et paisible. Mais ça c’était avant que son curé soit sanctifié… Je suis donc tombée dans un Lourdes miniature, bourré de pèlerins… Pour l’ambiance campagne, c’est foutu…

Je passe un temps fou à préparer mon itinéraire vers Dijon. Quand j’ai enfin terminé, je me rends compte que je n’aurai pas le temps de l’emprunter si je veux être à l’heure à mon prochain rendez-vous copains en Bourgogne. Je décide donc de reprendre un train vers Dijon. Je fais une petite étape dans la ville, où je retrouve Sonia, rencontrée en Ardèche. On passe une chouette soirée dans un bar du centre historique, devant quelques bières et un orchestre de ukulélés !

J85 à J90, la vélotoroute du canal de Bourgogne

Je quitte Dijon pour remonter le canal de Bourgogne jusqu’à Migennes. J’y passe trois jours, avec une journée où je bats mon record de kilomètre/jour : 120 km ! Heureusement qu’il y a cette petite satisfaction parce que tout le reste est pénible. Les campings sont hors de prix, bourrés de cyclovoyageurs. À part quelques endroits plutôt jolis comme des pâturages vallonnés, le canal est sans intérêt esthétique. Les mêmes paysages se déroulent

sans fin

avec de désagréables et forts bruits de fond, venant de la voie ferrée TGV

ou de l’autoroute qui longent le canal à tour de rôle. Parfois les arbres les cachent. D’autres fois non :

Une seule et même espèce de héron (le cendré, je crois) se croise d’un bout à l’autre du canal. Sur près de 250 km, un seul village vient rompre l’uniformité de cette vélotoroute

Je quitte le canal de Bourgogne à Migennes avec un grand soulagement. Au final, je conseillerais cette voie verte à tous les passionnés d’industrie ferroviaire et autoroutière. Les photographes camioniers y trouveront aussi des sites d’observation d’exception et pourront capturer de sublimes photos de poids-lourds. Quant aux parents d’enfants indécis, qu’ils n’hésitent pas à y emmener leur progéniture pour susciter de nouvelles vocations dans le domaine des transports.

Puis, je me lance dans la campagne très agricole du nord de l’Yonne, pensant que c’en est fini des vélotoroutes. Naïve que je suis encore parfois… ce n’est qu’un court répit…

Au nord de la Bourgogne, les champs cultivés emplissent tout le paysage. Le ciel, lavé par des orages récents, donne heureusement un peu de caractère à tout ça

Les villages, distants les uns des autres de moins de 5 km, marquent des étapes fréquentes. Le temps passe dix fois plus vite que sur le canal. J’arrive à la date prévue chez Nathalie et Bruno, où je passe un excellent week-end. J’y croise aussi Nicolas, nouveau cycliste de route, qui réfléchit à un futur voyage qui le conduirait de l’estuaire de la Loire à sa source, en Ardèche. On parle forcément beaucoup de voyage à vélo. Puis, je repars…

J91 à J104, la vélotoroute de la Loire

Quelques petites routes agréables me conduisent de l’est d’Auxerre, à la vallée de la Loire.

Je veux remonter rapidement en Bretagne pour y rouler un maximum de temps avant mon retour à la maison dans un mois. Depuis que je suis passée au nord, je me rends compte que la seule région du nord de la France qui me réjouis un peu est la Bretagne. Bon, ça tombe bien, j’y habite. Là, j’aimerais aller sur des côtes que je ne connais pas, surtout dans le Morbihan et le Finistère nord. Je décide donc d’emprunter « La Loire à Vélo », une voie verte très longue et très prisée. Je me dis que ça sera forcément moins monotone qu’un canal.

Je récupère la Loire à Briare, où elle est magnifique.

Mais tout au long de mon trajet, je la verrai finalement peu comme ça. La sécheresse frappe aussi ces régions. Plus on descend, plus le cours d’eau devient ténu, plus les bancs de sable se découvrent.

Ce qui est chouette sur cette voie verte, c’est la diversité de paysage. Le tracé emprunte des routes et des chemins très différents : routes de campagnes, chemins forestiers, digues…

On se balade au milieu de la forêt,

des vignes,

des champs,

on traverse des ponts,

on se pâme devant quelques beautés architecturales,

et devant quelques beautés sauvages,

on trouve que ces cochonneries sont vachement photogéniques

on se demande ce qui peut bien motiver quelqu’un à vivre sous les lignes haute tension qui en sortent (juste en passant quelques secondes à vélo en dessous, le bourdonnement est épouvantable)

et qui peut bien avoir encore envie de se faire construire une maison en-dessous

On passe souvent sur quelques mètres de vestiges de routes pavées. Après les crues de la Loire, elles permettaient d’être facilement et localement réparées. Je dois les traverser à pied en poussant le vélo, tellement les pavés disjoints les rendent chaotiques.

Je m’arrête une journée à Chaumont sur Loire, charmante bourgade,

J’en profite pour visiter les jardins du château, où se tient le festival international des jardins. L’endroit est superbe et les jardins pérennes très reposants

Les trois murs végétaux de Patrick Blanc, créés il y une vingtaine d’années, se répondent avec toujours autant de force et de cohérence

Pour ce qui est des jardins du festival, je suis moins emballée, les textes d’intention sont souvent prétentieux et la réalisation hasardeuse. La balade reste cependant agréable malgré de trop nombreux visiteurs.

Alors que j’arrive devant un supermarché, je stationne mon vélo près d’une petite bande de pré-ados à vélo. En me voyant arriver, l’un me dit
– Hey, M’dame, vous avez une chainyoutu ?
– Une quoi ?!
– Bah une chainyoutu : vous avez la gopro, là !
– Ah, une chaîne youtube ! Non ! D’ailleurs, tu vois, le boîtier de la gopro est vide !
– Dommage, sinon je vous l’aurais achetée !

J’en retrouve quelques uns des gamins à la caisse du supermarché. On discute, à un volume assez fort, un volume de pré-ado, quoi ! Ils se plaignent de ne pas pouvoir acheter de redbull dans ce supermarché-là. Je m’étonne un peu :
– Mais c’est pas de votre âge, ça la redbull !
– Moi, mon père il dit que la redbull ça fait pousser la bite !
(regard outré de la dame devant nous qui tente de me prendre à témoin. Je ne peux pas m’empêcher de rebondir… )
– Et donc, il est d’accord pour que tu en boives… parce que ça fait pousser la bite ?!
– Voilà ! Mais c’est nul, ici ils veulent pas nous en vendre. On est obligé de boire du coca. Et le coca, ça fait pas…
– Pousser la bite ! (en chœur ; demi-crise cardiaque de la dame devant nous)

On se retrouve à nouveau près des vélos. Ils ont adoré mon klaxon et auraient bien aimé me le chourer, mais ils n’osent pas. Ils me posent des questions sur mon voyage, l’itinéraire, le kilométrage et ils me félicitent en connaisseurs ! Puis l’un deux me demande comment fixer sa manette de vitesse. On sort les clés allen et je fais quelques serrages sur trois de leurs vélos. Puis on se lance de grands au-revoir.

Au camping de Chaumont, blindé de monde, je vais me faire dépanner en électricité par un couple en fourgon d’une soixantaine d’année, qui m’a l’air sympa. Ils me répondent que, bien-sûr, ils vont charger mon ordi, d’autant qu’ils ont un peu d’empathie envers les cyclovoyageurs… depuis que leur fille a remonté la route de la soie et descendu l’Amérique latine à vélo ! Plus tard, ils m’invitent à boire quelques verres de vin. Ils seront une de mes rares rencontres agréables de mon passage sur la Loire à vélo.

Mais la diversité de paysage n’est pas suffisante pour égayer des journées de 9h de pédalage. La seule partie que j’ai vraiment trouvée jolie est au dessus de Montsoreau, là où la pierre blanche, le tuffeau, sait si bien prendre la lumière. Les villages sont somptueux, composés de maisons en larges briques immaculées et tendres et d’habitats troglodytiques taillés dans la falaise calcaire.

A part ça, je me suis profondément ennuyée. La Loire à Vélo est trèèèèès fréquentée, malgré que le 15 août soit déjà passé. Il n’y a quasiment que des vélos, tout le temps : cyclopromeneurs et cyclovoyageurs.

Tu m’étonnes…

Et puis, je dois ravaler ma frustration chaque jour, de rouler près de l’eau sans pouvoir me baigner. Impossible dans le canal de Bourgogne, interdit dans la Loire…

De plus, je n’avais pas bien estimé le temps que j’allais devoir passer dessus… puisque je l’ai suivie sur plus de 500 km ! Ça m’a pris 6 journées pleines. 6 journées sur la vélotoroute, me provoquent la même sensation que si j’avais passé 6 journées d’affilée en voiture sur l’autoroute. C’est long. C’est long. C’est long. D’autant que, depuis mon départ d’Ardèche, je ne me suis guère amusée sur la route, enchaînant des itinéraires qui ne me plaisent pas.

C’est maintenant définitif, je hais les voies vertes. C’est sympa pour une demie journée de balade, mais pas plus.

Sur les voies vertes, j’ai l’impression qu’il ne peut rien arriver. Ah oui, tiens, d’ailleurs, il n’arrive rien ! Je fredonne régulièrement Ce mortel ennui de Gainsbourg.

Les échanges avec les gens rencontrés sont convenus, toujours identiques, toujours les mêmes questions et les mêmes réponses. On se recroise d’un jour à l’autre, et pourtant, les liens ne se créent pas. Je repense régulièrement à mon premier voyage seule, il y a une vingtaine d’années. J’ai parcouru l’Europe du sud en train et en bus, m’arrêtant dans les auberges de jeunesse des grandes villes. Très rapidement, j’en ai eu marre des mêmes discussions, des gens croisés et recroisés car on suis tous le même déprimant itinéraire. C’est exactement la même chose sur les vélotoroutes. Les relations avec les gens sont sans surprise. Dès que je croise quelqu’un d’un peu différent, je m’arrête, comme ces deux frères randonneurs, Claude-Alain et Yves avec qui je marche un petit bout, heureuse de croiser d’autres moyens de balade que des cyclos. Je discute aussi un peu avec Manu, qui m’accompagne un long moment près de Blois et Christophe que je croise dans un camping.

Quand on a connu les communales, les vicinales et les micro départementales, il n’est pas possible de retourner sur ces voies sans cachet. Quand on a roulé sur toutes ces routes si belles, si paisibles, si joliment peuplées, on ne peut plus aimer les voies vertes qui ne sont que des autoroutes qui filent droit et canalisent une grande partie de la population-cyclo. Copains cyclovoyageurs de voies vertes, au moins une fois, sortez des véloroutes, sortez des sentiers battus et rebattus par les Schwalbe, allez faire un tour sur les chemins buissonniers et les voies de traverse !

J’arrive enfin au bout de ma vélotoroute. Au bout de ce pont, il y a la Loire-Atlantique.

D’ici une journée, je serai en Bretagne (administrative). Mais une dernière épreuve m’attend… une bonne soixante-dizaine de kilomètres sur le canal de Nantes à Brest, pour rejoindre Redon !

Le canal, je crois vraiment que c’est la vélotoroute que je déteste le plus. On ne croise pas un village durant plus de 20 km, ça n’en finit pas. C’est trop long comme étape, surtout quand le paysage ressemble à ça du début à la fin. J’exagère, parfois, on change de rive, youhou, attention les yeux ! (j’avais pris des photos des deux rives… mais je les ai effacées par mégarde, car elles devaient tant ressembler aux autres…)

Une heure et demie le long de ce paresseux cours d’eau artificiel, sans rien croiser d’autre que quelques écluses aux maisons identiques, ça prend vite un tour assez obsédant. On se croit acteur du supplice de Sisyphe: à la sortie de chaque virage, j’ai l’impression de me retrouver dans le virage précédent, et ainsi de suite, et ça n’en finit jamais, jamais, jamais…

J’arrive à Redon, enfin. Les signes régionaux me font plaisir. Ils marquent le retour dans ma région après plus de trois mois de voyage.

Une dernière fois, je croise ce panneau exaspérant, sur la tentante Vilaine

Je n’ai pas le temps de longer la côte du Morbihan et je décide d’aller directement dans le Finistère. Pour m’éviter 200 km de canal et/ou de champs de maïs, j’attrape un train qui me dépose à Quimper.

Entre mon départ d’Ardèche et mon arrivée dans le Finistère, j’ai roulé 1001 km, principalement sur des routes qui ne me plaisaient pas. Je retiens pour la prochaine fois, de ne pas hésiter à prendre le train. J’ai toujours un peu l’impression de tricher quand je suis dans le train, ce qui est idiot. Comme il n’y a pas de règle, il ne peut y avoir de triche ! Je penserai, à l’avenir, à privilégier le plaisir de la route. Evidemment, même si je me plains beaucoup, je ne voudrais être nulle part ailleurs que sur la route ! Je ne peux pas vivre quatre mois parfait non plus, ça serait un peu injuste pour les autres !

À quelques kilomètres de Quimper, je suis enfin au bord de la mer, je peux me baigner et commencer à envisager les deux semaines de voyage qui me restent.

Belles et bonnes routes à tous,
En lenteur, et en liberté.
A bientôt !

 

 

 

 

Tous les crédits photos sont : Meylilo pour Les stradanautes

4 réflexions sur “En décélérance §8 : J66 à J100, passage au nord

  1. J’ai dévoré ton récit, tu racontes super bien et t’as le chic pour tomber sur de sacrés clients ha ha Je crois que je vais boire du Redbull ha ha Finalement tu me donnes pas trop envie de quitter l’Auvergne. Tu ramènes de bons souvenirs et je suis content de t’avoir rencontré, si un jour tu repasses par là, fais moi signe. Biz Meyline.

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