En décélérance §9 : J101 à J119, un épilogue terre-mer

Pour ces derniers jours de voyage, j’aurais aimé boucler un tour de Bretagne par les côtes, mais le temps manque –il fallait bien qu’à un moment donné je sois rattrapée par le temps… Finalement, je sillonne le littoral des Côtes d’Armor, où quelques jolies routes et rencontres m’attendent encore, à deux pas de la maison…

J101 à J104 – Coincée !

Après une harassante traversée de la vallée de la Loire, j’arrive à Redon, où j’attrape un train pour Quimper. J’ai besoin de me poser quelques jours au bord de la mer. Je compte ensuite remonter sur la côte au-dessus de Brest, dans le Léon, une région que je ne connais pas du tout et que je brûle de découvrir.

J’atterris un peu par hasard à Douarnenez. Je ne trouve pas l’endroit sauvage que j’espérais et me contente du petit port urbanisé.

Je me repose, je découvre quelques indices qui me prouvent que je suis bien en Bretagne, comme la présence de beurre dans la corbeille à pain dans les restos,

j’écris le précédent article du blog (celui où je fustige les voies vertes) et je passe un moment avec ma mère qui vient de loin pour me voir. Elle repart avec un bon quart de mon chargement : j’ai envie de voyager léger pour ces 15 derniers jours. J’aspire aussi à une route facile, avec peu de kilomètres journaliers et des dénivelés de bébé.

Puis, j’achète la carte Michelin jaune du Finistère.

Et là, je tombe de haut. La surprise est mauvaise.

En effet, le relief par ici ne ressemble pas du tout au relief de l’est de la Bretagne que je connais. Là, autour du petit écrin portuaire, toutes les routes, sur des dizaines de kilomètres à la ronde, sont constellées de chevrons… Les chevrons sont ces petites flèches qui barrent les routes sur les cartes Michelin, afin d’indiquer (approximativement) le pourcentage de la côte. Donc, plus les chevrons sont nombreux, plus le dénivelé est important. En fait, je suis entourée du vieux massif armoricain, qui, sur le papier, n’a rien à envier à l’autre vieux massif, plus central, celui-là même que j’ai traversé à la sueur de mon front un mois et demi plus tôt.

Je suis à la fin de mon voyage, je n’ai vraiment pas envie de peiner sur la route. Vraiment pas. Le problème, c’est que je n’ai guère d’autre solution, car, d’après quelques renseignements glanés deux jours auparavant à Quimper, je n’aurai ni train, ni bus pour monter à Brest avec le cyclo. N’ayant donc pas d’autre solution, je relativise et je prépare mon courage pour cette remontée physique.

Je garde ce projet en tête quelques heures, jusqu’à la rencontre avec un cyclovoyageur breton. Cycliste de route avant tout (une grosse brute de la pédale, donc), il commence à me raconter son dernier long trip à vélo, en juin dernier. C’est amusant, on a suivi un itinéraire assez similaire, avec un nombre de kilomètres très proches. C’est amusant, car lui a bouclé son voyage en un mois, tandis que je suis sur la route depuis 3 mois et demi… Voilà, le genre de mec à qui je suis en train de parler, le même genre que mon copain facebook qui s’enquille 400 kilomètres de montagne en une seule journée (coucou Michel !). Ce sont de gros cinglés. Vraiment. Parfois, ils font même un peu peur.

Et ce cycliste, là, que je rencontre à Douarnenez, qui fait 3500 km en un mois en incluant plusieurs cols alpins finger in the nose, me raconte la journée qu’il vient de passer, à rouler dans les terres bretonnes que je m’apprête à traverser à contrecœur. Il me dit qu’il a enchaîné les côtes, toutes plus raides et plus longues les unes que les autres
(et merde…),
qu’il n’a fait que 90 km
(« que » ? bien-sûr…),
mais vraiment difficiles en passant son temps à monter et redescendre
(Coteaux du Gers le retour, gniark gniark gniark)
et il termine, par un magistral « qu’est-ce que c’était duuuuur » assorti d’un sourire de satisfaction extrême.

Oui, parce que, en fait, les cyclistes de route, ils sont trèèèèèès heureux, quand c’est trèèèèèès dur. Les mecs, ils débordent de joie quand ils souffrent tellllllement. Ils ont un don pour manier un vocabulaire négatif tout en affichant un sourire extatique. Ils te décrivent la douleur et la difficulté, un plaisir intense gravé sur le visage. C’est vraiment une étrange expérience d’échanger avec eux. C’est peut-être le cas avec tous les sportifs ? Je n’en sais rien. Cet été, je n’ai fréquenté que ceux-là.

Une fois mon nouveau copain cinglé reparti, je me replonge dans la carte, avec l’espoir vain de trouver un itinéraire au relief doux. Définitivement, je ne me sens pas assez en forme physiquement pour entreprendre ces kilomètres. Mais surtout, mon esprit ne suit pas : j’ai envie de routes faciles, de vues sur mer à n’en plus finir et de petits kilométrages journaliers. D’ailleurs, les jours ont passé, je n’ai plus vraiment le temps de longer les côtes du Léon. L’idéal serait que j’arrive directement à Morlaix. Je cherche du côté du co-voiturage, mais rien ne m’arrange.

J105 à J107 – Exfiltrée !

Je décide alors de retourner à Quimper, dans l’espoir de trouver une solution grâce aux transports publics. Le problème majeur est que la ligne SNCF entre Quimper et Brest est fermée pour travaux = bus de remplacement = in your ass, lazy cyclists ! Je erre entre gare routière et gare ferroviaire, exaspérée par les infos que me donnent les employés, infos différentes de celles données par leurs collègues quelques jours plus tôt (vélos acceptés si il y a la place versus vélos interdits). En gros, il n’y a pas vraiment de règle, tout le monde se dédit. La seule solution est d’aller négocier avec le chauffeur de bus, juste avant le départ, voir s’il n’y a pas trop de monde et s’il accepte le vélo non démonté (si jamais il l’accepte uniquement démonté et emballé, vu que ça se négocie 10 minutes avant le départ, c’est foutu, bien sûr). Il est 14h, les prochains bus sont vers 17h : chouette j’ai encore le temps de ne pas prendre de décision. Je me perds dans des conjectures inutiles. J’imagine même à un moment récupérer la ligne nord de la Bretagne : Quimper -> Rennes -> St Brieuc -> Morlaix. Mais cette solution est une aberration, ça fait plus de 400 km et 100 euros de billet, tout ça pour éviter 100 km de bosses !!! Donc, je erre, ulcérée, me donnant encore une heure ou deux pour me décider. Puis, j’aperçois cette plaquette commerciale

Je me jette dessus, espérant y trouver une preuve quelconque à brandir sous le nez des employées récalcitrantes, genre « haha, vous voyez bien que vous êtes obligées d’accepter mon vélo dans le bus, vendez-moi un billet immédiatement, diaboliques goujates ! ». Bon, je vais être honnête, je ne vois pas ce type d’information. Par contre, mes yeux se posent distraitement sur la carte bus/voies vertes du Finistère, puis s’écarquillent progressivement en découvrant une véloroute qui passe à 20 km d’où je me trouve, pour filer plein nord, jusqu’à Morlaix. J’ai enfin la solution pour m’exfiltrer des montagnes bretonnes !

Bon, pour ce qui est de la cohérence avec moi-même, on repassera. Je viens donc de consacrer 2 jours à préparer un article où je crie mon désamour des voies vertes. Et c’est une voie verte qui va me désenclaver du sud Finistère. Cette véloroute est une ancienne voie ferrée, donc la pente ne peut pas dépasser 3% (lié aux capacités des locomotives de l’époque). Je vais arriver toute fraîche sur la côte nord et pouvoir enfin commencer à rouler sur le littoral.

À peine le temps d’avaler un café et je file directement récupérer cette voie verte. Il est déjà 15h, et je commence enfin à rouler.

Je suis libre !

J’ai un bon aperçu du genre de relief dans le coin.

À l’entrée de la voie verte, je rencontre un couple de Bretons-Flamands très sympa qui me guide dans le coin qu’ils connaissent bien. Le lendemain, je n’avance pas, chaque coup de pédale est un effort. Heureusement que je suis sur de la pente douce et pas dans le relief escarpé des alentours.

J’espère arriver à Morlaix le soir, mais mon manque d’énergie associé au ciel qui commence à se charger, ont raison de moi. Juste avant la pluie, je me pose au bord de la rivière d’Argent, dans la forêt d’Huelgoat.

Rivière d’Argent, mont d’Arrée, montagnes Noires, Brocéliande, Telgruc, le Dour Elego, l’Elorn … : les Bretons ont vraiment inventé le champ lexical de l’heroïc fantasy ! Je m’attends à voir surgir quelque créature magique à tout moment, particulièrement dans la vieille forêt d’Huelgoat couverte d’une épaisse mousse humide et mystérieuse.

Le lendemain, il me reste peu de route, mais dans des conditions désagréables. Il y a un peu de pluie, et surtout un sol boueux et des températures fraîches. L’automne vient de sonner prématurément dans une grande partie de la France. Rapidement, le vélo et moi sommes crado

Malgré tout, à chaque croisement, je me félicite d’être sur cette douce voie verte. En effet, la plupart des routes que je traverse ressemblent à ça :

Ça n’a pas l’air hyper pentu comme ça, mais c’est un mauvais rendu sur la photo. Cette route est vraiment terriblement raide ! La vélotoroute est finalement assez agréable, et surtout, très peu fréquentée. Je roule de nombreux kilomètres sans croiser personne.

À Morlaix,

alors que je traîne dans un café, les quatre jeunes gars de la table voisine se lancent dans une grande discussion à propos du dernier épisode de la dernière saison de Game of Thrones… Je pense que je pourrais arguer quelques règles de bienséance pour les faire taire. Mais je ne dis rien tandis qu’ils commentent allègrement l’épisode et la saison que je n’ai pas encore vus ! Y’a pas des lois contre ça, sérieusement ? J’ai réussi à échapper tout l’été aux spoils des réseaux sociaux, puisque je les ai peu fréquentés. Je croyais être définitivement sauvée… Si près du but… quel dommage… Je dois rapidement trouver une parade si je ne veux pas qu’un de mes plaisirs du retour soit gâché, là, maintenant. Ça serait vraiment injuste. Finalement, je m’en sors bien, en me bouchant les oreilles, avec les deux mains, oui oui, en toute discrétion, et en murmurant « j’entendspasj’entendspasj’entendspas ». Ça ne dure pas plus de quelques minutes. Heureusement.

Ensuite, je retrouve Dominique qui m’accueille dans son foyer très serein. Je l’ai rencontré quelques semaines plus tôt, dans un endroit un peu paumé, au pied du plateau du Cézallier, lors de ma traversée du Massif central. Il avait partagé son repas et son vin avec moi. À nouveau, je passe une délicieuse soirée avec lui, sa femme et sa grande fille.

J108 à J113 – Émerveillée !

Le lendemain, je suis fin prête pour enfin attaquer ma balade sur les côtes bretonnes. J’ai clairement raté mon tour de Bretagne, en évitant les côtes du Morbihan et du Finistère. D’un autre côté, l’idée est séduisante : tout ce que je n’ai pas fait reste à faire… Je rentrerai donc à la maison avec tout un tas de belles routes à prendre à proximité de chez moi… Le printemps prochain s’annonce bien rempli ! En attentant, je compte bien longer le littoral des Côtes d’Armor au plus près ! J’achète ma dernière carte du voyage, ça me fait un pincement au cœur. J’en ai parcouru des maisons de la presse, des librairies et des supermarchés pour trouver la carte du département suivant…

Et cap à l’est ! Les somptueux paysages sur fond de mer s’enchaînent. Je décide que la grandeur et l’horizontalité du panorama maritime sera mieux mis en valeur par un format 16/9e. Je règle donc mon petit compact dans ce format.

Il me faudra un certain temps avant de me rendre compte que l’idée est mauvaise. Le vieil appareil photo bon marché ne sait pas gérer la lumière sur une surface aussi grande et les photos sont moches. Les limites de cet appareil me paraissent de plus en plus importantes. Je déteste de plus en plus les photos que je prends avec.

J’ai hâte de retrouver un appareil reflex à la maison. Ah, oui ! Tiens ! Je commence aussi à penser régulièrement à « la maison », qui se rapproche géographiquement (160 km en direct) et temporellement (10 jours). En attendant, la mer n’en finit pas de s’offrir à mes yeux

et aux roues de Slowboda II.

J’avance très tranquillement vers l’est. Je fais des journées de 40/50 km de moyenne : juste de la balade entre deux chouettes endroits où se baigner et dormir et passer du temps avec les gens. Estelle, puis Hélène et Guy passent me rendre visite. Je continue à rencontrer beaucoup de monde et à rouler. Parfois, parce que ça m’arrange pour x ou y raison, je dois couper plus dans les terres. Je suis un peu frustrée dans ces moments-là. Je voudrais mettre mes roues dans tous les recoins de la côte. J’ai comme un besoin de conquête, il faut que mes yeux voient tout, absolument tout. Je ne suis pas intéressée par le genre de conquête qui mène à la possession. C’est une volonté de conquête très personnelle, la conquête du beau, pour moi et moi seule. Je veux avoir vu l’entièreté des beautés de cette région que je traverse, je veux ne rien avoir raté. Je veux, lorsque je regarde une carte, pouvoir y placer mes souvenirs visuels. Je veux pouvoir dessiner mentalement, en 3D, la carte de la totalité du littoral costarmoricain…

Par hasard, j’atterris sur une petite presqu’île où je trouve enfin tout ce dont je rêvais pour une journée ou deux de pause. C’est sauvage, peu fréquenté, peu urbanisé, la plage est chouette et tranquille.

Je reste des heures durant à contempler la mer.

Je réalise que je n’ai pas autant apprécié un paysage depuis l’Ardèche, soit près d’un mois auparavant ! Et pourtant, quelle différence de panorama. L’Ardèche offre des paysages de montagne, accidentés, tout en courbes et en arrêtes. Des paysages verticaux, en somme. Alors que les paysages de mer sont entièrement articulés autour de la ligne d’horizon, ligne parfaitement droite et nette qui trace les contours d’un ciel démesurément immense. Des paysages horizontaux, en somme.

Paysages doublés, qui plus est. Car c’est un des bonheurs du littoral breton, le paysage qui change deux fois par jour, avec une rapidité et une régularité toujours impressionnante.

Un soir, alors que j’arrive dans un coin repéré de jour pour assister au coucher du soleil, il y a déjà quelqu’un : un randonneur que j’ai aperçu en fin d’après-midi. Simon est dans les premières semaines d’un voyage à pied de plusieurs mois, le long du sentier des douaniers. Nous devisons voyage au long court tandis que les astres continuent leur course immuable sans s’intéresser à notre conversation.

Sur cette presqu’île, je peux me reposer, nettoyer mon vélo boueux à la brosse à dents, profiter de mes derniers jours et penser à ce voyage qui va bientôt se terminer. Ça fait plus de trois mois et demi que je suis partie de chez moi. Objectivement, ça fait longtemps que je suis sur la route. Et pourtant, je ne le ressens pas. J’ai l’impression que cette vie simple est normale. J’ai passé les 3000 km, objectivement c’est beaucoup. Et ça me paraît fou, ces chiffres ne m’évoquent plus rien, peut-être parce qu’ils ne m’intéressent plus tant que ça, les chiffres. Je suis habituée à cette nouvelle vie, le temps ne se comptabilise plus comme avant. J’ai même du mal à imaginer qu’il y a d’autres endroits où dormir que sous mon petit tipi, d’autres activités quotidiennes que pédaler et discuter avec des inconnus… J’ai bien conscience que le retour ne va pas être simple. Ça fait partie du jeu quand on part longtemps. Je crois qu’inconsciemment, à quelques jours du retour, je remets petit à petit ces questions sur le devant. La rencontre avec Simon a dû jouer. Il est au début de son voyage, il utilise le mode de transport le plus lent, le plus simple, et le plus pur, il s’enfonce vers une saison climatiquement difficile. Je l’admire et je l’envie, il commence ce que je m’apprête à quitter.

Et je reprends la route. Sous un ciel mitigé. L’avantage des rivages océaniques, c’est que le mauvais temps ne dure pas. Mais il fait plutôt froid et ça n’est pas agréable. Les vues à couper le souffle s’enchaînent. Que c’est chouette de rouler en bord de mer.

En plus, les touristes ont repris le chemin de leurs pénates, je suis donc tranquille partout. Sauf un soir, où, dans le camping aux 3/4 vide, un jeune couple en fourgon vient s’installer à 3 mètres de moi. Ça me gonfle un peu mais je ne dis rien, j’ai plus important à faire, faut que j’aille dîner sur les rochers, là juste derrière, les pieds dans l’eau. Je fais juste remarquer qu’ils vont devoir déplacer leur glacière électrique actuellement posée à 2 mètres de ma tente, qui fait un ronron du tonnerre, ou plutôt un tonnerre de ronrons, enfin une espèce de bruit électrique lancinant à peine moins fort qu’un petit groupe électrogène. Ils me disent que bien sûr, ils ne vont pas laisser ça à portée de mon oreille. Lorsque je reviens, après avoir épuisé mes bières, mes vivres et mon regard sur la mer au couchant, les voisins sont couchés. La glacière électrique est effectivement déplacée de l’autre côté du fourgon… mais toujours dehors ! À quelques mètres de mon oreille, donc. Je tente de me coucher, mais évidemment, je bloque sur le bruit et m’énerve de plus en plus. Je ne suis pas encore prête à retrouver les bruits de la civilisation, laissez-moi quelques jours, nom de d’là ! Donc, je me lève, passablement excédée et vais tambouriner sur le camion (moi aussi je suis capable de produire des bruits de merde, les p’tits chats). S’ensuit une engueulade tout à fait surréaliste qui dure au moins ¼ d’heure. Ça sera la deuxième fois en quatre mois où je m’engueule vraiment avec quelqu’un, mais là ça dure un temps infini, malgré mon argument choc :
– vous ne prenez pas la glacière dans le fourgon, parce qu’elle fait trop de bruit, vous ne pourriez pas dormir !
– mais pas du tout ! Elle ne fait pas de bruit, il n’y a que vous que ça gêne !
– bah alors prenez-là dans le fourgon !
– mais on n’a pas la place !
– et sur le siège avant, y’a pas la place peut-être ?
– on la prend pas, c’est tout !
– parce qu’elle fait trop de bruit évidemment ! vous la laissez dehors, peinard, vous emmerdez les gens qui dorment en tente, tandis que vous, dans le camion, vous n’entendez rien ! Hyper altruiste comme technique !
– pas du tout ! Nous aussi dans le camion, on l’entend énormément !
– rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa, auto-niquééééééééééééééééééééééé ! Vous admettez qu’elle fait beaucoup de bruit !!!

Malgré le fait évident que j’ai gagné haut la main cette joute verbale nocturne, ils parlementent encore un bon moment. Finalement, ils dorment avec la glacière, et se vengent au petit matin, avant leur départ, en laissant tourner le moteur de leur fourgon au pas de ma tente.

Les journées s’enchaînent. Je traverse des coins vraiment tranquilles et sauvages. Sur le littoral, l’activité agricole est principalement du maraîchage, ce qui donne de jolis champs.

Je tombe sur plusieurs anciens panneaux routiers, dont ce « Attention ! Zorro ! » que j’avais oublié

J’ai un peu de mal à avancer, je n’ai vraiment plus de jus, plus de motivation. Au bout de 40 km, je suis usée, j’ai envie de m’arrêter, alors qu’il y a peu, j’en faisais le double. C’est comme si j’étais déjà dans le retour, comme à la fin d’un long voyage à l’étranger, quand on traverse une ville pour la dernière fois, dans le bus qui nous conduit à l’aéroport. On y est encore physiquement, mais le cœur, déjà, a pris d’autres arrangements.

J’arrive enfin sur le sillon de Talbert. Ça fait des années que j’ai envie d’y aller. C’est un endroit naturel exceptionnel, une langue de sable et de galets de 3,2 km de long, qui s’enfonce droit vers le large. J’attends que la mer soit haute pour que la bande de terre soit la plus fine possible.

Je me fais une joie de cette petite balade, même si la marche est toujours difficile après des jours de vélo (ce ne sont pas les mêmes articulations qui travaillent, j’ai mal partout, alors que je n’ai jamais de douleur à vélo). D’autant que l’avancée n’est pas commode dans les énormes galets.

Durant les premiers mètres, je suis accompagnée par le crachin, mais petit à petit les nuages s’éloignent. Plus le ciel se découvre et plus j’avance vers le large, plus le vent forcit. Rapidement, le soleil embrase la laisse de mer.

C’est sauvage et peu fréquenté à cette époque de l’année.

C’est une réserve naturelle. Il y a des petits oiseaux de mer partout,

dont un petit groupe qui me précède toujours et s’amuse à se ficher dans mes pattes avant de s’envoler un peu plus loin, et recommence son manège à chaque fois que j’approche. Tout au bout, les choux marins sont énormes

Au bout du bout, à 3,2 km de la côte, on aimerait bien continuer…

Il y a un vent de dingue, la mer est démontée, à tel point que je peux m’adosser dans le vent sans tomber !

C’est une expérience de navigation sur la terre ferme, c’est assez délirant. Je m’éclate.

Et je reprends la route

J114 – Écervelée !

En voyage au long cours, il arrive parfois, lors du remballage du matin, que l’on range un objet machinalement, au mauvais endroit. Impossible de se rappeler où. Une fois les 4 sacoches solidement arrimées pour la journée, on se fait une raison, on se passera de l’objet jusqu’au soir. Quand il est question d’un paquet de mouchoirs en papier, le préjudice est très minime. Mais lorsqu’il s’agit de son propre cerveau, c’est assez ennuyeux. D’autant plus ennuyeux que, sans cerveau, on ne se rend pas compte de l’absence dudit cerveau. Forcément. S’enchaînent alors une suite de petits aléas tous plus mal gérés et mal supportés les uns que les autres, dont on ne comprendra la cause qu’une fois posé en fin de journée, lorsque le cerveau surgira du fond de la sacoche arrière gauche, tel un diable sortant de sa boîte. À 5 jours du retour, il fallait bien une dernière journée de route bien pourrie, une des ces journées épuisantes et flippantes sans quoi le voyage n’aurait aucune saveur…

Ce jour-là, je pars tard, à midi, car je prévois une journée courte, 40 km maxi. Une chouette petite route me conduit vers la côte du Goëlo.

Ça démarre bien. Je traverse l’agréable Paimpol, rejoins la superbe baie au sud

et grimpe dans les hauteurs, où s’enchaînent des quartiers de petites maisons à la périphérie de la ville. Pour ne pas me perdre, je prends un bout de la voie verte. Il existe une voie verte, Le Tour de Manche, qui emprunte des petites routes entre littoral et campagne. Je la prends parfois, quand ça m’arrange, quand ma carte Michelin manque de précision, comme c’est le cas ici. Les quartiers périphériques n’en finissent pas, ça commence à être un peu monotone. Quand on suit une voie verte, on peut facilement plonger dans une sorte de torpeur, guettant mollement les panneaux de direction à suivre. Au bout d’un long moment, je trouve ma direction bizarre. Comme le ciel est couvert, je ne peux pas me fier au soleil, mais j’ai un sacré bon sens de l’orientation. Je sors donc la boussole qui me confirme que je vais nord-ouest alors que je devrais être… face au sud-est. Je fais quelques mètres supplémentaires, pour reconnaître un endroit où je suis passé une petite heure auparavant… Tu m’étonnes que ça n’en finissait pas… je viens de faire une putain de boucle ! Le fléchage de cette voie verte est très imprécis. Il arrive que l’on fasse des boucles de 5 ou 10 minutes, mais jamais aussi longues.

Je déteste revenir sur mes pas. Vraiment. Deux choses me mettent hors de moi en voyage : la foule et revenir sur mes pas. Les voies vertes qui empruntent des petites routes ouvertes à la circulation sont théoriquement indiquées comme ça :

On sait donc toujours dans quelle direction on va. Mais sur le Tour de Manche, la plupart du temps, le nom des villes suivantes n’est pas indiqué et ça donne ça :

(« hum, tu es très douée en montage, dis-donc » « oh, ça va, hein ! C’est parce que j’avais oublié de prendre les panneaux en photo. Je l’ai bricolé vite fait pour une meilleure compréhension du texte » « vite fait, oui, voilà… »)

Donc, on n’est jamais sûr d’être dans la bonne direction. Et quand il y a litige ou doute ou absence de panneau, on peut facilement se tromper. Au bout d’un moment, je finis par retrouver la bonne route, il manquait effectivement un panneau au niveau d’un carrefour en fourche.

Heureusement, j’arrive rapidement sur une route sublime, au-dessus des plus hautes falaises bretonnes.

Je ne connais pas du tout cette côte. C’est une superbe découverte. La précédente déconvenue n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mon agacement s’évanouit au fil des paysages sans cesse renouvelés.

C’est très sauvage, il n’y a presque personne, aucune habitation. Je sillonne la petite route qui me porte de caps en caps, au-dessus d’une mer énigmatique.

Puis je descends vers un tout petit port adorable, lové au creux de ces immenses falaises, au pied d’une plage superbe. Il est 17h30, je rêve de me baigner, mais j’aimerais poser mes affaires dans un camping avant. Je ne doute pas d’en trouver un dans l’heure qui suit. La route remonte dans un petit village à 3 km de là. Il y a un camping, mais c’est un 4 étoiles, donc a priori hors de mon budget. Je tente quand même ma chance, parce que ça serait parfait : j’aurais le temps de monter ma tente, de redescendre dans le petit port, de me baigner, de boire une bière les pieds dans l’eau… Les rêves, en voyage, sont si simples… Je me pointe au camping en me fixant une limite de 10 euros, ce qui est presque le double de ce que je paye habituellement. J’attends un temps interminable à l’accueil tandis que la gérante s’occupe du couple devant moi : explications, paiement, plaisanteries climatiques pourries… C’est enfin mon tour, elle fait de longs et savants calculs sur son ordinateur pour m’annoncer 12,50 euros la nuit.

Et je reprends la route. Je suis déçue de m’éloigner de ce port si charmant. Mais je suis sur la côte, j’approche d’une petite ville, j’imagine que je vais bientôt avoir le choix entre plusieurs campings. Je suis un peu le tracé de la voie verte, qui serpente entre la côte et la grande départementale. C’est agréable, mais long, des routes de campagne à n’en plus finir. C’est paumé, il n’y a rien, juste des forêts et des champs. J’arrive enfin dans la petite ville, je fais quelques courses.

Je n’ai pas vu un seul panneau de camping. La boulangère m’explique qu’il y a un camping, « de très bonne réputation », situé dans les terres. Je dois revenir sur mes pas, par la départementale, puis emprunter une petite route de campagne sur quelques kilomètres. Apparemment, je suis passée tout près tout à l’heure… J’écoute ses explications d’une oreille distraite. Vu l’heure et la position du camping, je ne pourrai pas me baigner. Mon leitmotiv de la journée s’évanouit en même temps que mes dernières réminiscences de motivation. Et me voilà repartie en sens inverse. C’est officiel, j’en ai ras le bol, il faut que je me pose, que je mange et que cette journée se termine très rapidement. Je n’ai plus qu’un objectif en tête : trouver le camping. J’aperçois enfin un panneau m’indiquant que je suis dans la bonne direction, je vois que c’est un 3 étoiles, je ris jaune en pensant qu’il sera peut-être au même prix que celui que j’ai refusé deux heures auparavant. Puis, dans un petit hameau traversé par la départementale, mon graal : un panneau camping assez sommaire peint à la main.

J’enfile le chemin sans regarder le nom, je suis tellement contente d’arriver. L’endroit n’est pas très agréable, mais je file à l’accueil, dans un mobilhome qui semble habité. Je frappe, on m’ouvre et j’entre. Un couple est à table en train de manger. L’odeur de bouffe est immonde, à la limite de tourner de l’œil. Le gérant, affublé d’une coupe mulet façonnée par des cheveux filasses blonds décolorés chargés en épaisses pellicules (un mix entre le casque-cheveux playmobil, Trump, et la crinière d’un MonPetitPoney maltraité par plusieurs générations d’enfants), prépare ma note. Vu le cadre désuet et l’ambiance ringarde, c’est cher. Il me dit de me mettre où je veux, tendant le bras vers un vague espace d’herbe.

Je m’approche des emplacements. Mais, au sol, au lieu de l’herbe jaunie par les tentes de l’été, il y a des sillons marqués par les roues de voitures. Ok. Donc, c’est par là que passent les bagnoles… Je ne suis pas hyper bien, mais je vais faire avec, car je veux me poser au plus vite, je n’en peux plus (je rappelle qu’à ce moment-là de la journée, mon cerveau est au fond de la sacoche arrière gauche, encore solidement attachée au vélo). Tandis que je m’installe, je jette des coups d’œil furtifs autour de moi. Mais je n’imprime pas et ne relie pas ce que je vois. Ordre des priorités : monter la tente, mettre les sacoches dedans, m’asseoir, ouvrir ma bière fraîche.

Je pose la chambre du tipi au sol.
(La caravane juste à côté est noire de crasse.)
Je plante les 6 sardines de façon sommaire pour l’arrimer.
(Cette autre caravane est complétement pourrie.)
J’ouvre la porte de la moustiquaire pour y glisser le mat.
(Les vitres de la caravane, là-bas derrière, sont rendues opaques par une couche de poussière grasse et épaisse.)
Je hisse le mat au centre.
(Il y a des voitures à côté de chaque caravane ; donc, elles sont habitées.)
La chambre du tipi se dresse pour prendre sa forme pyramidale caractéristique.
(Il fait beau, mais les gens sont enfermés à l’intérieur.)
Je ressors.
(Là-bas, il y a un bateau en décomposition qui n’a pas vu la mer depuis l’élection de Pompidou.)
Je prends la toile imperméable.
(à côté, un moteur en perdition est étalé sur l’herbe sale.)
Je la jette sur la chambre.
(La vache, même l’herbe est sale.)
J’arrime les 6 attaches de la toile aux sardines déjà plantées dans le sol.
(C’est un endroit polyvalent : ça fait camping et déchetterie. C’est pratique.)
Je refais le tour du tipi pour régler la tension des sangles tout en enfonçant les sardines au maximum. La tente est montée.
(Ah, voilà un être humain. Il a l’air malsain. Il ne me dit pas bonjour et se dirige vers la caravane la plus proche de moi pour parler avec l’occupant, qui a l’air malsain également.)
J’attrape les 4 sacoches une par une et les jette dans la tente.
(J’espère que cette nuit, un mec bourré au volant de sa voiture ne prendra pas le chemin sur lequel je viens de planter la tente.)
Je cherche un endroit à proximité où je pourrai attacher le vélo pour la nuit.
(Il y a une bonne dizaine de caravane, toutes dans la même veine.)
Je prends ma bière.
(Il n’y a pas une seule nana à part la femme du gérant. Que des mecs chelou.)
Et je me demande dans quel endroit pas trop moche je vais pouvoir m’asseoir.

Et seulement à ce moment-là, j’embrasse la scène dans son ensemble.

Putain, je suis tombée dans le Bates Camping !

L’idée me fait marrer. Mais pas longtemps (j’ai roulé 2h de plus que prévu à cause de détours inutiles ; je ne me suis pas baignée ; je suis morte de fatigue ; je suis affamée et assoiffée ; la sacoche arrière gauche est toujours fermée et gît au fond de la tente). Je ne comprends pas comment la boulangère a pu me conseiller un endroit pareil ! Mais, y’a un truc bizarre… un truc qui colle pas, un truc qui m’échappe… Le panneau d’indication sur la route ! Il indiquait un camping 3 étoiles ! Putainnnnnnn, je ne suis pas dans le bon camping !

Et là, je me prends un coup de flip de dingue. Comme si ma vie était en jeu. Je continue à ne pas réfléchir, mais très vite. Je ferme la tente en laissant tout à l’intérieur sauf mes papiers précieux et j’enfourche le vélo. Je veux vérifier si en continuant la route, je vais trouver trace du « bon » camping.  En sortant, je croise une voiture avec à son bord trois gars à la mine patibulaire qui entre dans le camping. Je pédale encore plus vite. C’est pas un camping pour touristes ici, c’est un genre de squat pour les mecs en galère. Je rattrape la départementale. Rapidement, je vois un panneau m’indiquant que je m’approche du « bon » camping. Et là, au lieu de faire demi-tour et d’aller récupérer mes affaires, je poursuis ma route, avec une seule idée en tête : voir si le camping est bien ouvert (la boulangère m’avait confirmé son ouverture puisque le lendemain matin, elle allait y livrer une commande). Je pédale comme une dingue (Michel, je suis sûre que j’aurais pu te doubler à ce moment-là !). C’est loin, au moins 5 ou 6 km. J’arrive enfin devant le camping, ouvert évidemment, mais l’accueil est fermé, ce qui est normal vu l’heure. L’endroit est aéré, propre, soigné, avec de beaux emplacements bien délimités (d’habitude je déteste ça, mais là, je les chéris). Encore complétement dans mon trip de fuite, je téléphone au numéro inscrit sur la porte pour être sûre que je peux m’installer, ce qui est parfaitement inutile puisqu’avec une petite tente, on peut régler les formalités au matin. Je crois que j’ai besoin d’être rassurée, d’entendre une voix saine, normale, bienveillante.

Bon, il est 20h, tout est presque réglé : je n’ai plus qu’à refaire 5 bornes dans l’autre sens, entrer dans le Bates camping, me faire rembourser, démonter ma tente, charger mes sacoches en vrac, caler le chargement sur le vélo, m’évader du Bates camping, re-refaire 5 bornes, re-monter ma tente…

A 21h, tout ça est enfin terminé.  J’ai fait 70 km au lieu des 40 km qui me séparent de mon point de départ ! J’ouvre ma sacoche arrière gauche, j’y découvre, un peu surprise, mon cerveau, et je vais me caler sur une terrasse qui domine la mer pour boire ma bière, manger, me détendre enfin et m’amuser de cette journée éprouvante. Après coup, c’est toujours rigolo de se rendre compte des montagnes que l’on dresse soi-même. Parce que finalement, à part deux ou trois broutilles externes, c’est moi qui ai monté en épingle cette journée merdique, qui l’ai créée de toute pièce, accumulant mauvais choix, fatigue mal gérée et angoisse sans fondement.

D’autant que, bien entendu, j’ai payé 10 euros ma nuitée dans ce 3 étoiles, soit seulement 2 euros de moins que celui que j’ai refusé dans un endroit idyllique où j’étais passée 3h30 auparavant… Ah oui, et puis 2h avant, j’étais effectivement passée tout près de ce camping, sur la voie verte, mais il n’y est pas indiqué…

J115 à J119 – Épiloguée !

Le lendemain, je prends soin de moi et je roule paisiblement.

Je chemine un moment sur la plage avec une femme qui prépare son premier voyage à vélo solo. J’adore m’arrêter et pousser le vélo pour accompagner les marcheurs. Et j’adore rouler sur le sable mouillé aussi.

Le soir, je retrouve Sandra. On se fait une longue et belle soirée dégustation de bières bretonnes sur une digue face à la mer.

Ensuite, je rejoins une petite plage que j’aime beaucoup, du côté du Cap Fréhel, à 60 km de chez moi. Je compte y passer mon dernier week-end avant de rentrer, avant la fin du voyage. Au moment où je m’installe, le ciel est encore calme.

Je m’offre mon 3e resto depuis mon départ :

Durant la nuit, le temps tourne. Et c’est parti pour deux jours de tempête. Je me réveille avec une immense flaque d’eau sous le tapis de sol, au niveau du matelas :

Heureusement que ma tente est costaude. Et heureusement que je ne me suis pas installée là :

Entre deux éclaircies, je profite de cette côte sublime.

Le dernier jour, c’est le vent qui forcit. Je crains que les pins sous lesquels je suis installée ne perdent leurs branches. Dix fois durant ces deux journées compliquées, je brûle d’appeler quelqu’un pour venir me chercher. Je suis si près de la maison. Mais je suis partie de chez moi à vélo, je veux rentrer à vélo, même si ces derniers jours ne sont pas très utiles et un peu pénibles. Ils font office de sas entre la vie itinérante extérieure et la vie sédentaire intérieure.

Ces jours me permettent aussi de faire une très jolie rencontre, la dernière du voyage. Je discute quelques minutes avec Dominique dans les communs du camping. Il sait que je repars le lundi matin pour ma dernière journée de voyage. Le dernier soir, sa femme, Jany, vient me voir avec une attention très touchante : un petit déjeuner chaleureux le lendemain pour bien commencer mon dernier jour. Finalement, de fil en aiguille, je bois l’apéro avec eux ce soir-là. Et un copieux petit déj m’attend le lendemain. Puis je les salue et je lève mon dernier campement.

Je m’enfonce à nouveau dans les terres bretonnes

Jusqu’à mon village…

Épilogue de l’épilogue

Le retour est un sacré changement de vie, c’était attendu, ça fait partie du jeu. J’écrirai bientôt un article plus général sur mon voyage, regroupant beaucoup de questions que l’on m’a posées tout l’été. J’attends que ça décante un peu…

Faut dire aussi que j’ai deux ou trois trucs à faire…

que je dois perdre quelques mauvaises habitudes, comme celle de mettre ma serviette à sécher sur le cintre du vélo…

(je l’ai cherchée un bon moment, elle, avant de la retrouver ici…)

En attendant, j’ai bricolé une carte vite-fait et regroupé quelques chiffres. J’ai finalement fait peu de kilomètres, car dans le voyage à vélo, mon cœur a plus penché pour le voyage que pour le vélo.

 

Merci à tous de m’avoir suivie tout au long de l’été et d’avoir pris le temps de me lire. C’était chouette de raconter mon petit quotidien itinérant à quelqu’un ! Merci de votre indulgence envers ces textes un peu bancals. Je n’ai pas l’habitude de livrer des textes bruts, des « premiers jets », mais c’était un exercice de spontanéité amusant. Je serais ravie si vous laissez des petits mots à la suite de cet article.

Et surtout, merci à tous pour votre soutien et vos encouragements. Merci de m’avoir aidée à vivre ce voyage hors du temps, mais les deux pieds sur Terre !

Belles et bonnes routes à tous,
En lenteur, et en liberté.
A bientôt !

 

 

 

 

Les crédits photos sont : Meylilo pour Les stradanautes

11 réflexions sur “En décélérance §9 : J101 à J119, un épilogue terre-mer

  1. Oh que j’ai aimé lire ce dernier article!
    Coteaux du Gers en fooorce 😈😈😈
    Bon la prochaine fois qu’on essaye de te spoiler, tu penses fort à moi, tu te bouches les oreilles et du cries à tue tête :  » J’entends pas, j’entends pas, j’entends pas! ».
    Bates motel = Bagdad cafe!
    Je le cherchais partout mon aimant à lieux glauques…c’est donc toi qui l’a emporté!
    Je suis triste, je veux encore te lire!

    Aimé par 1 personne

  2. C’est déjà fini ? Encore ! :) Quel plaisir de vous lire, au travers de ces petits textes pas bancals du tout, qui donnaient une vision très réaliste de ce beau voyage, et souvent très drôle. Bon atterrissage, on attend la suite ^^

    Aimé par 1 personne

  3. Passionnant, cet épilogue. ! Je croyais avoir bien suivi ton voyage, mais je découvre un tas de choses. J’ai des courbatures, pour avoir monté des côtes par la pensée. Et des courbatures pour avoir bien ri,à de nombreux moments….

    Aimé par 2 people

  4. Nooon! C’est pas fini! En même temps,c’est pas moi qui pédale! Chapeau la fille!!!
    Qu’est ce que j’ai aimé t’accompagner pendant ce voyage! tu nous as bien promené!
    j’ai palpité à te lire et ri et parfois eu un peu la trouille …une suite! Une suite!

    Aimé par 1 personne

  5. Assise sur mon canapé, J’ai mal aux mollets…mais mon cerveau (à moi) est rempli de belles balades et de belles rencontres…un grand merci pour nous avoir donné la possibilité de t’accompagner et, surtout, BRAVO pour être allée au bout de ton voyage. Au fait, ta serviette à le droit de sécher sur ton vélo, qui a dit qu’une serviette devait sécher sur un porte-serviette ?…

    Aimé par 1 personne

  6. 《C’est comme si j’étais déjà sur le retour……mais le coeur,déjà a pris d’autres arrangements》,ce sera la 1e phrase du temps d’écriture que je proposerai demain à l’atelier.Merci Méline pour avoir prolongé mon été.

    Aimé par 1 personne

  7. Bravos Méline !!!
    Bravo pour ce voyage.
    Bravo et merci pour m’avoir fait passé de bons moments à te lire. J’ai trouvé tes descriptifs superbes, et tu as écris de très jolies phrases.
    Tu as réussi à faire vivre des moments comme si on était présent (j’ai adoré le descriptif où tu monte ta tente au Bates Motel, et « le cerveau au fond de la sacoche gauche » !).
    C’était comme un livre qu’on a envie de rouvrir…
    Vivement le tome 2, et ça pas de « spoilation » possible ! ;D

    Aimé par 1 personne

  8. Félicitations, quel périple ! N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez apporter votre témoignage sur notre site (Rubrique Infos pratiques > Témoignages).
    Bonne continuation à vous :-)

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s